Jeffrey Dahmer a assassiné 17 jeunes hommes entre 1978 et 1991, principalement dans le Wisconsin. Il les droguait, les tuait, puis pratiquait viols, démembrements, nécrophilie et cannibalisme sur les corps.
Arrêté le 22 juillet 1991, il a été condamné à 16 peines de prison à perpétuité avant d’être battu à mort par un codétenu en novembre 1994. La série Dahmer, Monstre, disponible sur Netflix depuis le 21 septembre 2022, retrace ces crimes avec une précision proche du documentaire.

Un film à succès
La série Dahmer, Monstre : L’histoire de Jeffrey Dahmer s’inscrit dans la catégorie du true crime : une fiction tirée de faits réels, sans édulcorer l’horreur.
Derrière le projet, on trouve Ryan Murphy, connu pour American Crime Story, et Ian Brennan, créateur de Glee. Le rôle principal est incarné par Evan Peters, déjà vu dans American Horror Story.
Dès son lancement, la série a rapidement grimpé en tête des audiences Netflix. Ses 10 épisodes permettent de dérouler l’intégralité du parcours de Dahmer, de ses premiers crimes en Ohio jusqu’à son arrestation à Milwaukee. C’est l’un des meilleures série sur la plateforme. Pour découvrir les meilleurs films Netflix, cliquez ici !
Du côté des proches des victimes, la réception est bien différente. Plusieurs familles ont exprimé leur colère, notamment sur Twitter, estimant que cette production remet en lumière des drames intimes et se révèle profondément traumatisante.
Le film Dahmer de 2002
Avant la série Netflix, un film Dahmer était déjà sorti en 2002. Réalisé par David Jacobson, ce drame thriller retrace l’histoire vraie du tueur en série avec Jeremy Renner dans le rôle principal.
Le casting comprend aussi Bruce Davison dans le rôle de Lionel Dahmer, le père, ainsi que Matt Newton et Dion Basco. Le film a été produit par DEJ Productions, avec Larry Rattner à la production.
Le synopsis suit Dahmer à travers plusieurs flash-backs, entre sa vie quotidienne à Milwaukee et ses crimes. Le film est disponible en VF et dure environ 101 minutes.
Sa tonalité est plus intimiste que la série Netflix : là où la série explore le contexte social et les failles institutionnelles, le film de Jacobson se concentre sur la psychologie du tueur.
Pour situer Dahmer dans le paysage du cinéma consacré aux tueurs en série, on peut citer d’autres œuvres de référence comme Le Silence des agneaux, Hannibal ou les films sur John Wayne Gacy et Ted Bundy. Ces productions partagent le même intérêt pour la psychologie criminelle et l’horreur du fait divers.
Des crimes reconstitués avec minutie
La série montre comment Dahmer s’en prenait surtout aux jeunes hommes gays, principalement des hommes noirs, latinos et asiatiques.
C’était un homme raciste et homophobe. Malgré la plainte de sa voisine, celle d’un garçon ayant réussi à lui échapper, et même une condamnation antérieure, il a continué à tuer pendant des années.
Au fil des épisodes, la tension monte crescendo pour montrer le fonctionnement de son esprit et les raisons pour lesquelles il a pu échapper à la justice aussi longtemps.
La grande majorité de ses crimes ont eu lieu à Milwaukee, dans le Wisconsin, même si son tout premier meurtre remonte à 1978, dans l’Ohio.
Si tu veux aller encore plus loin, Netflix propose également le documentaire Jeffrey Dahmer : autoportrait d’un tueur. Le réalisateur Joe Berlinger y a eu accès à des archives audio inédites, notamment des extraits de conversations entre Dahmer et ses avocats. Une ressource complémentaire pour ceux qui s’intéressent aux films tueurs en série disponibles sur la plateforme.

Le premier épisode
La journaliste Anne E. Schwartz a longuement enquêté sur cette affaire. Son livre Monster : The True Story of the Jeffrey Dahmer Murders confirme notamment que Glenda Cleveland, la voisine, a bien existé.
Dans la réalité, elle vivait dans l’immeuble en face de Dahmer. La voisine de palier, Pamela Bass, avait elle aussi appelé la police à plusieurs reprises, surtout gênée par les odeurs nauséabondes venant de l’appartement voisin.
Dans la série, le personnage de Cleveland représente un mélange des deux femmes, pour simplifier l’intrigue. Des proches de Cleveland ont croisé la victime Konerak Sinthasomphone lorsqu’elle est sortie de l’appartement, nue et incapable de parler.
Cleveland a ensuite appelé les secours. Tracy Edwards est l’homme qui a réussi à s’échapper de chez Dahmer, et c’est grâce à lui que l’arrestation a eu lieu. La scène a été fidèlement retranscrite à partir de ses témoignages, des preuves relevées et des photos prises par la police dans l’appartement.
Un petit détail diffère toutefois : Dahmer ne possédait pas autant de serrures que dans la série, mais seulement deux fermoirs. Ce flou vient des variations dans les récits d’Edwards lors de ses interviews, ce qui n’a rien d’étonnant compte tenu du choc qu’il venait de subir. Tous les détails de la scène finale sont, eux, entièrement réels.
La découverte de restes de corps humains dans le réfrigérateur, de clichés morbides et d’objets de torture correspond aux faits documentés à Milwaukee.
Le deuxième épisode
Le deuxième épisode est sans doute le plus marquant et le plus choquant de la série. On y voit des officiers tenter d’aider un garçon de 14 ans, nu, le crâne ensanglanté et incapable de parler, qui vient de sortir de l’appartement de Dahmer. Dans les faits réels, trois policiers sont intervenus : John Balcerzak, Joseph Gabrish et Rick Porubcan.
À leur arrivée, Dahmer a affirmé que le jeune homme était son petit ami de 19 ans et qu’il avait trop bu. L’un des policiers a bien mentionné une odeur étrange dans l’appartement, mais ils n’ont pas procédé à une fouille.
En repartant, ils ont échangé des blagues homophobes sur la radio de la police. L’échange téléphonique entre Glenda et Balcerzak a réellement eu lieu et est repris presque mot pour mot dans la série.
Le seul écart avec la réalité concerne la décoration des officiers. Dans les faits, ils n’ont pas été honorés par leurs supérieurs après l’arrestation de Dahmer.
Cette scène a été inventée pour créer un parallèle dérangeant avec la reconnaissance accordée à Glenda Cleveland par la mairie de Milwaukee, qui, elle, a bien eu lieu.






