Travailler dans l’esport : un secteur fermé mais accessible en 2026

Auteur :

Réagir :

Commenter

Travailler dans l’esport sans piston, c’est possible. Thibault Pulcini en est la preuve. Parti d’une équipe étudiante, il est aujourd’hui manager chez G2 Esports, l’une des plus grandes organisations de jeux vidéo compétitifs au monde. Il raconte son parcours et donne ses conseils, sans filtre, à ceux qui veulent se lancer.

Le parcours de Thibault Pulcini, de l’équipe étudiante à G2 Esports

Image de Thibault Pulcini.
Image de Thibault Pulcini. ©Antonin pour Alucare.fr

Thibault Pulcini évolue dans le secteur de l’esport depuis 8 ans. Il a d’abord fait ses premiers pas sans rémunération, avant de rejoindre G2 Esports en 2021. Il y est aujourd’hui manager de l’équipe féminine de Valorant.

« Alors que j’étais encore étudiant en ingénierie mécanique, j’entraînais une équipe associative de League of Legends », se remémore-t-il.

Se laisser guider par sa passion l’amène aujourd’hui à parcourir le monde : de la Corée-du-Sud au Brésil, en passant par la Turquie et les États-Unis. En novembre 2024, on le retrouve à Berlin, au Game Changers Championship.

Toujours aux petits soins pour ses joueuses, il gère tout ce qui touche aux « performances en dehors du jeu ». Cela couvre des tâches administratives, commerciales et organisationnelles. « Je fais les emplois du temps, gère les routines de sommeil et d’activités physiques… » Un poste auquel il consacre « 90 % de sa vie ».

Ce que cherchent vraiment les recruteurs dans l’esport

Le secteur de l’esport est « fermé avec peu de places ». Pour autant, il n’est pas inaccessible. « Il manque des personnes professionnelles avec de réelles compétences », observe Thibault. Il voit d’ailleurs de plus en plus de profils venus de secteurs traditionnels rejoindre le gaming par passion.

L’esport en France compte plusieurs dizaines d’organisations actives, des compétitions nationales comme la LFL (League of Legends France League) et des événements réunissant des milliers de spectateurs.

Pourtant, le nombre de postes salariés reste limité. Les profils capables de gérer des joueurs professionnels, des partenariats ou des événements sont rares et recherchés.

Autre constat, plus critique : « Beaucoup de places sont encore décrochées grâce au copinage. Cela conduit à un manque de professionnalisme dans le secteur. De trop nombreuses personnes ont des postes sans en avoir les compétences. » À ses yeux, c’est autant de places à prendre pour ceux qui se donnent les moyens.

Son conseil clé tient en une phrase : « En entretien, le plus important, ce sont les expériences. Si on n’en a pas, il faut se les créer. »

Comment te créer des expériences quand tu débutes

Image illustrative de l'esport.
Image illustrative de l’esport. ©Antonin pour Alucare.fr

C’est exactement ce que Thibault a fait. D’abord avec une équipe associative de League of Legends, puis avec les Odyssey Esport, une équipe étudiante qu’il a aidé à créer au Gaming Campus. « Un projet sans véritables moyens et sans rémunération », reconnaît-il, mais qui lui a permis d’ajouter une ligne sur son CV et de se considérer comme « semi-professionnel ».

Si tu n’as pas encore d’expérience dans les jeux vidéo compétitifs, voici les pistes que Thibault recommande :

  • Rejoindre une équipe amateur ou associative sur ton jeu vidéo favori, même sans rémunération.
  • Monter un projet étudiant, comme une équipe ou un tournoi universitaire.
  • Te porter volontaire sur l’organisation d’un événement esport près de chez toi.
  • Contacter directement des équipes semi-professionnelles pour proposer ton aide.

De multiples portes, à toi de trouver la bonne entrée

Le statut de « professionnel » n’a ensuite plus trop tardé pour Thibault. L’année suivante, le Gaming Campus noue un partenariat avec le FC Nantes.

Le club de football se lance sur League of Legends et Fortnite, et Thibault y est recruté pour deux années d’alternance comme manager. Il commence alors à côtoyer le monde professionnel de l’esport et à tisser son réseau.

À sa sortie d’études, deux propositions l’attendent. Il choisit de rejoindre G2 Esports. « Mon parcours n’incarne pas la porte d’entrée la plus simple. Dans ma promotion, tout le monde n’a pas réussi à se faire une place dans le milieu », nuance-t-il honnêtement.

Il rappelle aussi un point souvent oublié : un club esport possède tous les emplois d’une entreprise classique. Ressources humaines, commerce, comptabilité, communication… « On peut mettre un premier pied dans le monde de l’esport par ces métiers plus annexes, pour ensuite évoluer en interne vers des professions au cœur du milieu. » Comme dans beaucoup de métiers passion, il n’y a pas une seule porte d’entrée. À chacun de trouver son chemin.

Pour aller plus loin, tu peux découvrir G2 Esports, ses joueurs et ses compétitions directement sur son site officiel.

Découvre aussi les teams Esport les plus connus dans le monde.

👍Ton opinion
L'article est informatif
L'article est objectif
L'article répond à ma question
Le contenu est à jour
🔍 Vous avez trouvé des erreurs ? Dites-nous où !

Vous avez trouvé cela utile ? Partagez-le avec un ami !


Alucare est un média indépendant et gratuit. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google News :

Publiez un commentaire sur le forum de discussion