Euro en baisse : les vraies raisons de sa dépreciation en 2026

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L’euro ne perd pas de valeur dans l’absolu : il baisse par rapport au dollar et aux autres devises.

Ce taux de change fluctue selon trois grands mécanismes : le différentiel de taux d’intérêt entre la BCE et la Fed, la santé économique de la zone euro, et les chocs extérieurs comme la crise énergétique.

Voici comment ça fonctionne, concrètement.

Dépréciation de l’euro : comment ça se passe réellement ?

Dépréciation de l'euro face au dollar.
Dépréciation de l’euro face au dollar. ©Antonin pour Alucare.fr

Une monnaie vaut toujours quelque chose en comparaison d’une autre. Ce rapport, c’est le taux de change, fixé en continu sur le marché des changes selon un principe simple : l’offre et la demande.

Quand beaucoup d’investisseurs veulent acheter des dollars, la demande pour le billet vert monte, et l’euro baisse en face. Trois grands leviers pilotent ce mouvement sur le marché des changes :

  • les taux d’intérêt, fixés par la BCE et la Fed (Banque centrale européenne et Réserve fédérale américaine) ;
  • la santé économique de la zone euro, qui rassure ou inquiète les marchés ;
  • les chocs extérieurs, comme une crise énergétique ou une guerre.

Pour situer le niveau actuel, un peu d’histoire aide. En 2002, l’euro s’échangeait autour de 0,89 dollar. Il a ensuite grimpé pendant plusieurs années jusqu’à un record au-dessus de 1,60 dollar le 15 juillet 2008.

Le 13 juillet 2022, la parité avec le dollar a été atteinte pour la première fois en 20 ans, avant que l’euro ne repasse sous la barre du dollar. Cette dépréciation a été largement portée par la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui a suivi en Europe.

Un euro faible touche directement ton pouvoir d’achat. Les importations facturées en dollars coûtent plus cher, ce qui alimente l’inflation et pèse sur les entreprises comme sur les particuliers. C’est la même logique qui explique pourquoi certains formats de monnaie évoluent, comme la disparition du billet de 500 euros.

La dépréciation de l’euro a aussi un revers positif : les exportations européennes deviennent moins chères pour les acheteurs étrangers. Un produit fabriqué en zone euro coûte mécaniquement moins cher en dollars quand le taux de change baisse. Cela améliore la compétitivité des entreprises européennes sur les marchés internationaux, même si ce gain ne compense pas toujours le coût des importations énergétiques.

Quelles sont les principales causes de la chute de l’euro ?

Image illustrative de pièces et de billets.
Image illustrative de pièces et de billets. ©Antonin pour Alucare.fr

La dépréciation de l’euro ne tombe pas du ciel. Elle vient de trois grands mécanismes qui pèsent sur sa valeur face au dollar et aux autres monnaies comme la livre sterling ou le yen :

  • le différentiel de taux d’intérêt entre la BCE et la Fed ;
  • la dépendance énergétique de l’Europe et l’inflation importée ;
  • le risque de récession et la perte de confiance des investisseurs.

Le différentiel de taux entre la BCE et la Fed

C’est la cause la plus directe. Quand une banque centrale relève ses taux directeurs, elle rend sa monnaie plus attractive. Les investisseurs placent alors leurs capitaux là où le rendement est le meilleur.

En 2022, la Fed a mené un resserrement très agressif de sa politique monétaire. Elle a enchaîné plusieurs hausses de 75 points de base lors de réunions successives, soit un durcissement bien plus rapide que celui de la zone euro. La demande de dollars a grimpé, et le taux de change euro/dollar a chuté mécaniquement.

La BCE, elle, a longtemps pris du retard sur la remontée de ses taux. Ce décalage de politique monétaire explique une bonne partie de la faiblesse de la devise européenne sur le marché des changes. Les réserves en dollars détenues par les banques centrales mondiales ont encore renforcé la demande pour le billet vert pendant cette période.

La dépendance énergétique et l’inflation importée

Le pétrole et le gaz de référence sont cotés en dollars sur les marchés internationaux. Quand la devise européenne baisse, chaque baril coûte donc plus cher en euros, même à prix inchangé en dollars.

Cette facture énergétique gonflée alimente l’inflation et alourdit la facture des ménages européens. Le poids de la guerre en Ukraine sur l’approvisionnement en gaz a amplifié cette pression sur l’économie de la zone euro. Les pays membres de l’Union européenne les plus dépendants des importations d’énergie ont été les plus exposés à cette dépréciation du change.

Le risque de récession et la fuite vers le dollar

Le troisième facteur, c’est la confiance. Une monnaie reflète la stabilité économique perçue d’un ensemble de pays. Dès que le risque de récession augmente en Europe, les investisseurs se replient vers des valeurs jugées plus sûres.

Les enquêtes d’activité PMI ont montré un net ralentissement de la croissance en zone euro à partir de juin 2022. Ce climat de crise a poussé de nombreux capitaux vers le dollar, considéré comme la valeur refuge par excellence.

D’autres devises comme la livre sterling ont subi une pression similaire face au dollar pendant cette période. Plus la crise énergétique dure, plus cette fuite vers le billet vert s’accentue.

Selon Lee Hardman, économiste des changes chez MUFG, l’euro pouvait alors s’installer durablement autour de la parité, entre 0,95 et 1 dollar.

Une situation qui rappelle que la valeur d’une monnaie, qu’il s’agisse d’un billet ou d’une pièce de 10 euros, dépend toujours de son rapport aux autres devises sur le marché des changes.

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